modification du P.L.U. Observations de F. Pillard.

Enquête publique P.L.U. Novembre 2014

La modification du PLU de 2007 proposée par la municipalité comporte quelques points avec lesquels nous ne pouvons qu’être d’accord :

-       Prendre acte des nouvelles dispositions apportées par le PPRNI de l’Yzeron s’impose à nous.

-       Abandonner l’emplacement réservé pour la création de stationnements près de la gare de Chaponost est justifié par la position de la Région Rhône-Alpes qui l’estime inutile, et devient urgent dès lors qu’un projet d’aménagement convenable a été proposé pour le terrain « BERGER ». Rappelons que depuis 6 ans, la commune a soutenu la position que, sur cet emplacement voisin de la gare, il convenait d’installer des activités riches en emploi et générant peu de trafic routier, la création d’activités de bureau répondant bien à ce cahier des charges.

-       Prendre acte de la loi ALUR, et notamment de la disparition du COS s’impose également, même si on peut comprendre que la collectivité cherche, par d’autres moyens, à conserver une maitrise de l’urbanisation.

 

C’est donc sur ces moyens de mettre en oeuvre la loi ALUR qu’il convient de porter toute l’attention. Le moyen retenu, qui est le plus simple aussi, est de réduire le CES ( coefficient d’emprise au sol) :

-       Curieusement, cela n’est réalisé que pour les zones UE, UF et UH, qui passent de respectivement 25, 20 et 20% à 18, 14, et 10%. Si l’on considère que les hauteurs autorisées permettent ordinairement dans ces zones de bâtir sur deux niveaux, cela peut donner le même effet que des COS de respectivement 36, 28 et 20% là où on avait jusqu’ici 28, 22 et 18%. Sans doute toutes les nouvelles constructions n’exploiteront-elles pas au maximum les hauteurs autorisées. Néanmoins on peut constater que le « droit à construire » serait ainsi plutôt augmenté dans toutes les zones, même celles dont on diminue le CES. Cela reste donc conforme à l’esprit de la loi, d’une façon qu’on peut même considérer comme assez généreuse. Je ne doute personnellement pas que les secteurs UE et UF soient capables de supporter cette tendance à la densification, qui ne manquera pas de se produire, portée par une augmentation des prix consécutive à cette libéralité municipale. On ne peut que regretter une fois de plus que cette création de valeur par la puissance publique profite directement aux propriétaires de la rente foncière, mais c’est la loi qui le veut ainsi.

-       Pour ce qui concerne la zone UH (le Ronzère), il parait plutôt dommage de permettre une densification sur un quartier écarté du bourg, à fort relief, et mal doté en équipements de transport public comme de tout-à-l’égoût. Ces raisons auraient dû conduire à une réduction drastique des droits à construire ici, alors que la pression de ces dernières années nous a alertés (revendications des propriétaires habitants, découpages de terrain acrobatiques). Cette modification devrait au contraire être une opportunité pour rendre toute nouvelle densification quasiment impossible.

 

Un autre moyen de brider la production est de réduire les hauteurs autorisées, et ce projet l’envisage spécifiquement pour les toitures terrasses.

-       Les hauteurs autorisées jusqu’ici à Chaponost, 14 m en zones UAA et UB, 9m ailleurs, sont très modérées. Le projet prévoit de les réduire de 1,50 en cas de toiture terrasse. Cela revient dans la pratique à fixer le nombre de niveaux habitables, plutôt que la hauteur du bâtiment.

-       En effet, tout l’intérêt de la toiture terrasse est qu’avec une même hauteur finale, elle permet généralement un niveau habitable supplémentaire. Cela va tout à fait dans le sens de la loi et des efforts constants dans la dernière décennie, pour rationaliser l’occupation du foncier, et densifier de façon harmonieuse les centres villes, en conservant notamment de la surface libre au sol, si possible peu imperméabilisée.

-       Pénaliser les constructions en toiture-terrasse nous parait donc une mauvaise option du point de vue de l’occupation du foncier en centre-ville.

-       Une autre raison avancée contre les toitures terrasses serait l’esthétique, certains préférant les traditionnels toits pentus et les tuiles rouges. C’est une affaire de goût. Il est vrai que Chaponost compte un certain nombre de villas ou immeubles assez anciens en toiture terrasse, qui ne sont pas particulièrement esthétiques. Mais les immeubles récents, ou même des villas contemporaines à toiture terrasse se révèlent plutôt réussis. Alors que la commune est largement remplie de bâtiments à toits de tuile traditionnels tout à fait laids et mal intégrés, même récents. En ce domaine, il convient de laisser aux architectes la possibilité de s’exprimer et de créer, quitte à leur demander de montrer comment ils prennent en compte le contexte de leur projet.

-       Règlementer les toitures sur des critères esthétiques parait une grave myopie alors que notre époque rencontre des défis écologiques et économiques de très grande envergure, et alors que la preuve a été apportée maintes et maintes fois que ce qu’on appelle la cinquième façade constitue désormais une opportunité d’apporter des réponses intelligentes, pour ralentir les eaux pluviales, pour gérer le réchauffement urbain, pour créer des jardins collectifs ou des lieux de loisir, pour capter chaleur ou rayonnement…..

-       Je considère donc qu’il est tout à fait contre-productif de pénaliser les projets en toiture-terrasse, qu’il faut au contraire encourager par un bonus d’habitabilité, et orienter vers une offre intelligente de nouvelles fonctions, qui peuvent être d’intérêt économique, climatique, hydraulique, ou social.

F. Pillard
Nov. 2014

 

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