AFGHANS 3. Le Progrès du 25 octobre 2009

LE PROGRES, 25 octobre 2009

Ayoub, le parcours d'un réfugié afghan

"Ayoub, le parcours d'un réfugié afghan Ayoub Popal, Afghan âgé de 34 ans, essaie depuis 2007 de s'extraire du bourbier dans lequel est enlisé son pays. Après un périple de cinq mois, le voilà à Chaponost, avec quatre autres de ses compatriotes rencontrés dans la jungle de Calais. Seul du groupe à parler couramment l'anglais, il raconte le pourquoi de son départ. Tout d'abord, son père, amputé d'une jambe, suite à l'explosion d'une mine antipersonnel. Son frère, docteur dans la province du Logar au sud de Kaboul, menacé de mort par les Talibans qui ont repris la région et massacrent allégrement les habitants. Ses deux soeurs dont la dernière est encore scolarisée. Une épouse morte en couches.

Le sens des responsabilités et les menaces très fortes et très précises sur sa sécurité. Ayoub travaillait à Kaboul pour une ONG italienne (organisation non gouvernementale), en qualité de chauffeur/traducteur. Une première tentative, en décembre 2007, l'amène au Pakistan où il est racketté par des policiers. Il arrive ensuite en Iran, puis passe en Turquie d'où il gagne la Grèce (Macédoine). Là il est arrêté et rapatrié dans son pays d'origine. Le deuxième essai, qui aura duré cinq mois, à pied et par train, l'emmènera à la gare de Lille. Contrôlé par les policiers, on lui demande de retourner dans le dernier pays européen traversé, l'Autriche. II contacte son père qui lui conseille d'aller en Angleterre; et le voilà à Calais. Puis le centre de rétention de [Lyon] Saint-Exupéry. La suite, c'est sa demande d'asile pour rester en France."                    *** Propos recueillis par Anne-Laure Burens et Dominique Décot.

Pierre Menard, maire de Chaponost.

 "« Prendre notre part de solidarité » Tous les réfugiés afghans accueillis dans notre commune sont titulaires d'un titre provisoire de séjour. La condition, pour nous, était qu'ils soient en situation régulière. Ils ont reçu leur autorisation de séjour directement du préfet. Ils ne sont donc pas expulsables », explique Pierre Menard, maire de Chaponost. « La mairie a été saisie par la Cimade, elle-même saisie par le centre de rétention de Saint-Exupéry. Le temps d'obtenir, ou de ne pas obtenir, le statut de réfugié politique. Il est logique que l'on prenne notre part de solidarité. Notre action s'inscrit dans le cadre, de la Déclaration des Droits de l'Homme de 1948, dont la France est signataire. C'est donc une obligation pour les états de respecter leur signature. Chaponost prête à l'Aslim un logement dans le cadre d'un bail. C'est cette structure qui, à son tour, met le logement à disposition. L'aide est donc très encadrée. Le Centre social et quelques bénévoles se sont mobilisés pour faire en sorte que cet accueil se passe le mieux possible. À Chaponost, il y a une tradition d'accueil et d'ouverture à l'étranger. Nous avons déjà accueilli des Kosovars et des réfugiés du Sud-est asiatique. J'ai consulté l'opposition qui comprend la cohérence de cet accueil », conclut le maire. Pour l'heure les cinq hommes, arrivés à Chaponost le 16 octobre dernier, attendent le verdict du tribunal administratif. Une attente qui pourrait durer de six à neuf mois : Le temps de maîtriser les rudiments de la langue française. Des cours de français ont d'ailleurs commencé ce vendredi."

Pour la suite dans la presse et les blogs, voir ligne courbe ligne fourbe 

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