Ligne extrêmement droite : comment peut-on être Chaponois (2) ?

 

      Comment peut-on être Chaponois (2) : une ligne extrêmement droite ?

 

       

I. Vite dit : Ligne droite, c’est  bien « à d’oite » toute

On pourrait faire comme feue la ba’onne (baronne), et se demander si « la lin’d’oite » a pe’du son « r » pour atti’er la clientèle immig’ée de nos contrées et sédui’e les ultrama’ins. Mais non, c’est un lapsus « calami-manuel » dans l’ou’s* de leur page 4, car pe’sonne n’est à l’abri d’une glissade du doigt frappeur !

Ce qui est sûr, c’est que la «lin’d’oite»  reste très très courbe, très très fourbe. Si on résume :

  1. Elle ment par omission à propos des vœux du maire. Elle a 2 temps de retard sur l’école de Beaunant, la ligne à 63000 volts car le maire a mis ses doigts dans la crise.

  1. Son « esprit village » n’est que de la poudre aux yeux idéologique, habituelle à la droite. On flatte la clientèle captive avec un doigté caressant dans le sens du poil. On dégaine de faux chiffres,on falsifie des projets pourtant connus de tous (Chausse-Martel par ex.). Et demain, ce sera  l’urbanisme des « Tilleuls » partout : 348 logements sociaux /  (29) appartements = 23 immeubles plantés ça et là... !

  1. La ligne se fait extrêmement droite (il y a des droites plus droites que d’autres - pour parodier Coluche). Chaponost a ÉTÉ, EST, SERA toujours Chaponost : pas d’étrangers, pas de non-Chaponois pour le logement social, fô yaka « satifai’e la demande locale » : STOP. Surtout pas de problèmes : ne parlons pas des dossiers de fond (quel urbanisme ? quelle politique culturelle ?...). Disons NON à tout, à commencer par la navette courant d’air (toujours de l’r !), joliment appelée « désir** ».

    4. Comment riposter ? Au maire et à la majorité municipale de répondre sur les dossiers avec chiffres et avancées des projets, comme cela a été très bien fait dans le dernier Chap’info de février pour « Berthelot ». Oui, là c’est pesé, et hop la messe est dite, leur bec est cloué, point barre.

Donc faisons après réflexion, décision, avec le temps. Pour commencer prenons la navette. Et s’il faut « se cultiver » à Chaponost, clarifions les questions : qui consomme quoi ? qu’est-ce qui se vend/est offert autour de chez nous ? quoi promouvoir ?

Et le référendum « décisionnel », ça se discute et s’argumente (voilà « la lin’doit’e » pour la démocratie participative, ça alors...).

                                  

* L’ou’s (l’ours) n’est pas ici « le mammifère carnivore à la marche plantigrade », mais « l’encadré où doivent figurer les noms de l’imprimeur, du directeur de la publication, des principaux rédacteurs, etc. » On n’est pas au pays des ou’s blancs, mais dans la république des ours bleu blanc rouge.

** Saluons l’intertitre culturel « Une navette nommée désir », qui fait allusion à « Un tramway nommé désir ». Ah, si Marlon Brando (jeune) pouvait monter dans le 103, ce ne serait plus le désert des « courants d’air » ... Ah  que le désir passe au Chemin de Traine-Fesses, qui est l’ancien nom du tramway, et la navette est sauvée.

 II. Dit en détails et sérieux... avec moins de piquants.

 

Dans la Lettre de Ligne droite n°2, on peut apprécier l’ordinaire mauvaise foi qui ne fait le compte rendu que de ce qui arrange. Par exemple, le maire, chef « de nos élus à la gauche de la gauche », a tenu un « discours de politique nationale et partisane ». On oublie le rappel du programme local en cours : « la Citoyenne démocratie de participation et de bénévolat, la Solidarité des logements sociaux, des cinq réfugiés afghans et pour Haïti, les avancées Écologiques » comme l’écrivait le 15 janvier G. Biseux sur le site.

On monte en épingle les porteurs de pancartes concernant la fermeture de l’école intercommunale de Beaunant : «le maire pris à partie... questions véhémentes de Chaponois». On ne dit rien sur le fond et la suite donnée à l’affaire après concertation (normes de sécurité coûts de l’école, carte scolaire et petit nombre d’enfants ; décision de l’Inspection d’académie et des 4 communes concernées de surseoir d’un an à la fermeture de l’école). Même retard pour la « ligne à 63000 volts », dont la gestion de la communication fut par ailleurs loin d’être parfaite dans la majorité municipale.

 

Pointons l’essentiel : l’idéologie de droite présente dans chaque ligne du numéro (p. 2 à 4).

A la majorité actuelle et aux élus concernés de répondre avec précision, selon l’urgence estimée (par eux) et en temps voulu (par eux), sur les détails, les chiffrages, les choix, les décisions – aussi bien, on le souhaite, que dans le Chap’info de février à propos de « Berthelot ».

1.      L’idéologie ligne droite toute se cache sous l’image vague, paterne et lénifiante de « l’esprit » de village, régnant en particulier le dimanche matin « sur la place du marché et chez les commerçants de l’avenue Paul Doumer et [de] Chapard ». Et les autres jours ?  Et les autres actifs et les consommateurs ? Et passer à 8000 habitants s’est fait naturellement, sans développement industriel et sans besoin de transports ? A commencer par la CCVG et ACCOLADE (cf. la pépinière d’entreprises de Sacuny, les zones artisanales...). Aujourd’hui, Chaponost paraît jeune, dynamique, beau, n’est-ce pas ?

 

2.      Mais c’est le bon chiffre, 8000, il ne faut pas que l’on soit trop nombreux. Pourquoi ? Parce que « notre trop puissant voisin, le Grand Lyon », socialiste, veut bouffer « Mère Grand » et, peu à peu, tous ses petits chaperons rouges  (enfin blanc-bleu, non plutôt rose pâle plus ou moins).

Surtout pas d’interrogation sur le fond, ce qui fâcherait la clientèle : évaluation de la CCVG, scénarios Balladur de la « métropolisation », recadrage et remodelage des collectivités locales...

 

3.      Bref restons chez nous, et surtout entre nous. La bande à Ménard, pour parler comme leur Scapin, veut des « logements sociaux [...] probablement pour importer un nouvel électorat » (p. 3). Attention : Vaulx, Vénissieux, l’Afrique « tout’entiè’ » vont débarquer. D’abord la deuxième génération, la troisième puis les cousins sans papiers. Les Afghans refont déjà Sangatte au Plat de l’Air, Scapin le belliqueux l’a dit.

 

4.      Il faut donc des logements sociaux juste « en nombre suffisant pour satisfaire la demande locale ». C’est quoi la demande locale ? Et c’est qui les demandeurs ?

* « La moitié des demandeurs sont originaires de Chaponost » : donc les projets municipaux veulent importer des étrangers, c.q.f.d.

* alors qu’il est facile de contourner les « exigences de la loi », et la commune a toujours pallié ce défaut (de logements sociaux) par le versement d’une taxe négociée ». Que la commune continue de verser cette petite compensation (négociable !), et nous serons bien (de) chez nous: Mamie, ma mie « J’aime mon village »...

* Ne parlons pas de l’aménagement du territoire dans le département (la Préfecture le détermine), de la densification du centre, de l’économie nécessaire des terres agricoles.

 

* Il est préférable de faire peur et de mentir

1) en annonçant que nous importerons « le quartier de la Pérouse à Brignais ». Y a de quoi là-dedans ? Brignais, gouverné au Centre droit (chut !) respecte la loi SRU, tiens !

2) en susurrant que l’acquisition de foncier « peut aller jusqu’à l’expropriation » (ce n’est pas la mairie actuelle qui a vendu des terrains agricoles pour bâtir, il y a un P.L.U. soumis à des règles). Le fantasme de l’expropriation apparaît encore p. 2.

3) en établissant l’équation, photo à l’appui, « 348 logements sociaux = 23 bâtiments Tilleuls ». Remarquons au passage que les Tilleuls sont l’héritage des politiques de droite. Cette image, comme sa légende, est un mensonge : les types de logement sociaux envisagés et soumis à débat par la majorité actuelle n’ont rien à voir avec ce type d’aménagement. Témoins les projets Favre-Garin, Chausse-Martel (hérité de la mandature précédente), et les études en cours sur la centralité.

4) Pourquoi tout ça? Pour que nos habitations et nos propriétés restent attractives,  « money » s’entend en toute langue (voir la Lettre de Ligne droite, n°1)

 

 

5.      Une idée à creuser : « le référendum décisionnel » sur projet clair et chiffré

-         Pourquoi pas ? Après tout, un référendum n’est pas un plébiscite. Les juristes apprécieront sa valeur. Quelle sera la question posée ? Quelles sont les questions « posables » et qui ont du sens ? Ligne droite va nous le dire !

-          Enormités ! Un Centre culturel de 700 places comme il est annoncé est une idiotie. Un centre culturel de 10 millions d’euros relève de la foutaise imaginaire. Notre intendant des finances en a déjà pris une syncope !

-         Au lieu d’évoquer un scénario pharaonique porté par le « on-dit », qu’une proposition culturelle par eux soit faite concernant la MJC (et son équipement inadapté), la médiathèque, l’école de musique... Evidemment, l’opposition de la ligne extrêmement droite peut toujours soutenir que le manga, les « jeux de cirque », « l’alter-mondialisme »  (= spectacles MJC, Vents du Monde), ce n’est pas de la culture (française ?), ou que l’on n’en a pas besoin. Et on oublie tout le reste !

 

6.      De quelles actions culturelles un Chaponost d’aujourd’hui a-t-il besoin, et peut-il promouvoir, en tenant compte de l’environnement proche, des villes voisines et de l’offre de Lyon ?  Ligne droite nous en parlera sans doute un jour... Je suis très impatient ! La majorité actuelle y travaille sérieusement ; évidemment, elle ne doit pas ignorer les limites et les potentialités de la commune. Mais on ne saurait se satisfaire ou se moquer, comme le fait la Lettre de Ligne droite n° 2 (p. 2), du fait que « les spectacles organisés par la MJC ou le centre social [ne] réunissent [que rarement] plus de 50 spectateurs ». Surtout pas d’ambition et pas de projet ni de travail sur la durée : mon fric, Ouille !

 

On finira ironiquement... et sérieusement. Si ses adhérents ou sympathisants de Ligne droite participaient à une offre culturelle (Naho a eu un très grand succès, et elle est recevable par beaucoup plus de gens encore), il y aurait moins de « déficit », il y aurait un « désir » de culture à partager - ça s’entretient. Mais non, il vaut mieux être négatif, et cultiver « sa » clientèle commerçante toute acquise (p. 4) ; mais oui, il faut se moquer d’un projet culturel en construction.

Comme on se lâche sur la navette (p. 4), il est vrai encore bien peu fréquentée,  pour l’enterrer à l’avance. Quand on en aura besoin, elle ne sera plus et on la regrettera. Sortons nos mouchoirs, hypocrites... Les élus de la majorité (et leurs partisans) ont-ils d’ailleurs là-dessus un comportement exemplaire, je veux bien dire : donnent-ils l’exemple ?      

       

G.B. (Georges Biseux).

 

 



[1] *** Texte exact : « Combien de spectacles organisé par la MJC ou le centre social réunissent chaque année plus de 50 spectateurs ? »

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