Du bénévolat en général et à Chaponost en particulier

 

Autour du bénévolat ...

 

Une réflexion est engagée à Chaponost sur le bénévolat.

Avant d’aborder le sujet, il convient de définir le mot « bénévolat » qui n’est pas univoque et ne va pas de soi.

 

I. Le mot « bénévolat » a plusieurs sens

Un « service non rétribué »

La définition couramment admise est : « Le bénévolat est une activité de service non rétribuée et choisie volontairement qui s'exerce en général au sein d'une association, d'un syndicat ou d'une structure publique. Celui ou celle qui s'adonne au bénévolat est appelé bénévole. L'étymologie du mot vient du latin benevolus qui signifie "bonne volonté". » (source Wikipedia)

La définition du Larousse pour l'adjectif bénévole est la suivante : « Qui est fait sans obligation, à titre gracieux : collaboration bénévole ».

Le bénévolat est donc strictement vu sous l'aspect « service non rétribué », ce qui est le plus petit dénominateur commun des activités bénévoles.

 

Le choix de valeurs fait par une personne

L'étymologie « bonne volonté » mérite d'être approfondie car  elle définit ce qui relève du libre arbitre et du choix individuel.

Il y a au delà d'un intérêt « égoïste » et/ou consommateur, une démarche d'ouverture aux autres  qui dépasse la simple satisfaction des besoins.

Cette générosité généralement fait qu'il trouve son compte dans des associations dont les objectifs correspondent à ses aspirations : associations sportives, culturelles, etc.,  qu'il a souvent connues en tant qu'adhérent/usager de base.

Cette implication dans l'organisme choisi (terme plus général que le mot association - surtout celle de type 1901 qui est la plus connue) peut être à géométrie variable tant dans le niveau que dans le temps consacré ou la durée. Cela reste du ressort de la bonne volonté de l'individu.

Le choix de l'organisation à laquelle le bénévole souhaite consacrer un peu de son temps n'est pas quelconque. Pour un même type d'activités le passé fondateur de celle-ci peut déterminer ou non  le choix du bénévole. Il ne faut pas négliger le fait qu'une organisation détermine le profil de ses bénévoles.

Il y a forcément une interaction entre les valeurs qui animent le bénévole et celles qui sont sous-jacentes aux buts recherchés de  l'organisme.

 

L’engagement d’une personne pour une « cause » : militant ou acteur social ? Association ou mouvement ?

Mais on ne peut pas parler de militantisme, même si on peut faire un rapprochement avec ce terme  tymologie : du latin militia, « service militaire, métier de soldat »). A l'origine, le militant était celui qui se battait les armes à la main pour défendre sa cause. Le militant est celui qui soutient activement une cause, une idéologie ou un parti.

Certaines aspirations de type plus « altruistes » - l'amour désintéressé d'autrui (définition du Petit Larousse)- peuvent faire que l'individu se tournera vers un bénévolat à caractère plus « social ».

Souvent la frontière entre militantisme et bénévolat dans ce cas peut être plus floue. Sous le bénévole peut coexister le militant s’il met son idéologie (politique, religieuse, philosophique...) au service de son action de bénévole.  Mais attention s'il détourne son action de bénévole au service de son idéologie.

Il  faut également mentionner l'émergence d'autres formes d'actions altruistes ou solidaires (de conception plus anglo-saxonne et détachées des actions associatives type 1901 ou syndicales ou partisanes). On retrouve là une forme d'engagement comme les mouvements contre le racisme ou la pauvreté, pour la paix ou pour la défense des sans-papiers..., qui mobilisent  avec la notion d'engagement pour défendre les droits et les intérêts d'autres personnes (que soi).

 

Tout ceci pour dire que le mot bénévolat n'est pas exempt d'ambiguïté sauf à dire qu'il exerce une activité à titre gracieux et,  même si il y a souvent nécessité de formation et  de spéciali-sation,  le bénévolat ne devrait en aucun cas se substituer aux professionnels ou aux institutions, ce qui  pourrait être une tentation dans des situations de crise, et cela arrive malheureusement.

 

 

II. Besoins sociaux et bénévolat à Chaponost : plusieurs questions

1. Une nouvelle réflexion sur le bénévolat et comment recruter est sans doute nécessaire à Chaponost au vu de l'analyse des besoins sociaux.

 

2. Faut-il « privilégier » un recrutement  « associatif »  qui a fait ses preuves (qualités et défauts) ou   n'y a-t-il pas sous-jacente une réflexion  inspirée des  mouvements de citoyens solidaires ?

 

Là se posent des questions :

- Comment trouver et motiver de nouvelles bonnes volontés pour des actions de solidarité, de proximité et d’engagement participatif des citoyens ?

- Quel rôle leur faire jouer face aux défis de la vie dans la cité, différemment du bénévolat « institutionnel » associatif  et des professionnels du terrain social ?

Ne courrons-nous pas le risque d'appauvrissement associatif avec  une trop grande dispersion des bonnes volontés potentielles qui pourrait  se traduire par trop d'isolement et d'émiettement de ces nouveaux bénévoles ?

 

- Comment les former et les encadrer ? Par qui ?

- Et surtout comment pérenniser  ces nouvelles actions participatives car elles risquent de démarrer dans l'enthousiasme de la nouveauté, mais aussi de  s'essouffler quand il faudra assurer la relève des premiers protagonistes ?

 

 

Nicole Gautier

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